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Ludus Modalis Ludus Modalis, « le jeu des modes », a vu le jour en 1998 sous l’impulsion de Bruno Boterf. Cet ensemble vocal d’une douzaine de chanteurs a pour vocation de restituer ses couleurs au répertoire polyphonique du début de la Renaissance. Ludus Modalis souhaite se démarquer d’une approche interprétative trop généraliste, en se concentrant sur des notions souvent négligées comme la prononciation, l’intonation liée à l’utilisation des modes, le tempérament, la recherche des sonorités vocales plus variées et surtout un respect scrupuleux des sources originales renforcé par une collaboration avec des musicologues. Par le choix d’un effectif vocal faisant appel
tant aux voix masculines qu’aux voix de femmes, voire d’enfants,
Ludus Modalis se veut, avant tout, un ensemble de couleurs, dans lequel
la notion de beauté n’est pas prédominante mais au
contraire « ornementale », ensemble dans lequel le mélange
des timbres opposés peut engendrer cette même beauté,
où la laideur n’apparaît pas comme un défaut
mais comme une qualité, à l’image des peintures de
Jérôme Bosch ou Breughel l’ancien. La fonction essentiellement
liturgique de son répertoire l’a conduit à repenser
la notion même de concert. L’utilisation d’un lutrin
commun aux douze chantres, l’absence d’un chef faisant face
aux chanteurs (elle favorise l’écoute collective et la lisibilité
du contrepoint), la mise en situation liturgique des œuvres chantées
(restitution des monodies et des motets correspondant à chaque
messe ou office) fait perdre à l’interprétation tout
caractère ostentatoire.
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