Week-end III
Dimanche 30 juillet
Parcours artistique au Pays des Mille Etangs

Da Pacem / ensemble résident

11 h, Chœur roman de Melisey

L’art du théorbe
Alessandro Piccinini (1566 - ca 1638) et Robert de Visée (1658/60 ? - ca 1732)

Marc Wolff, théorbe

Pour ce programme « découverte du théorbe », Marc Wolff a choisi d’interpréter un florilège d’œuvres parmi les plus connues de deux compositeurs majeurs pour cet instrument. Alessandro Piccinini (1566-1638), contemporain de Frescobaldi et de Monteverdi, explore toutes les possibilités du théorbe, arpèges, traits virtuoses, polyphonie. Ce n’est qu’en 1623, à l’âge de 57 ans, qu’il fait paraître ses tablatures de luth et de chitarrone. Il avait alors acquis une connaissance unique de l’instrument et s’est « laissé[é] convaincre de publier ces pièces de peu d’importance, qu’[il a] faites (quelles qu’elles soient) pour [s’]exprimer et pour le plaisir des amateurs » (Avertimenti, chap. XXXIV). Grâce aux pièces de Piccinini, le théorbe gagna progressivement ses lettres de noblesse en Italie avant de rejoindre la France dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Musicien à succès et aimé à la cour de Louis XIV, Robert de Visée (1658/60 ? -1732), qui donne à sa musique « le tour de celle de l’Inimitable Monsieur de Lulli », occupe la seconde
partie de ce récital. Un programme d’une extrême délicatesse.

Réservation obligatoire
12 € / 10 e (réduit) / 9 € (amis du festival) / 4 € (jeune public)


16 h, Chapelle Saint-Martin de Faucogney

Girolamo Frescobaldi (1583-1643)
Toccate e canzone

Il secondo libro di toccate, canzone, … (Roma, 1637)

Yannick Varlet, clavecin

En 1615, Frescobaldi, organiste à St Pierre de Rome, fait publier son premier livre de Toccate e partite d’intavolatura di cembalo, un recueil de musique « vivante », proche de l’interprète et de ses talents d’improvisateur. Il s’agit du pendant instrumental de la seconda prattica, définie par Monteverdi en 1608, donnant à l’interprète plus de souplesse, une plus grande liberté. Dans sa préface, destinée al lettore, Frescobaldi explique l’exécution de ses toccate en insistant sur l’expression, les passions et les affections, les affetti cantabili.

Les onze toccate du second livre, paru en 1627, sont encore plus abouties, plus contrastées, plus riches, plus « rhétoriques » ! Leur structure est bien plus complexe et il en est de même de la virtuosité. Sur les onze toccate du recueil, quatre sont destinées expressément à l’orgue : les terza, quarta, quinta et sesta. L’ottava, avec ses durezze e ligature sonne également mieux sur l’orgue. Les six autres, jouées aujourd’hui, sont écrites pour le clavecin.

En 1637 parait une nouvelle édition de ce second recueil, augmentée de canzone, versi, magnificat, gagliarde, correnti … Les six canzone jouées aujourd’hui en alternance avec les toccate, reflètent parfaitement du génie de Frescobaldi à combiner rigueur et fantaisie dans ces courtes pièces. Ainsi, jamais encore à cette époque, on aura connu une telle diversité et une telle variété d’écriture dans des pièces qui portent le simple nom de toccata ou canzona.

Réservation obligatoire
12 € / 10 e (réduit) / 9 € (amis du festival) / 4 € (jeune public)


19 h 30, Restaurant Le Terminus
Buffet dînatoire
Route de Luxeuil / réservation obligatoire


21 h, Eglise Saint-Georges de Faucogney
Nicolas Bernier (1664-1734)

Leçons de Ténèbres du 1er Jour
Plain chant de Guillaume Gabriel Nivers

Raphaële Kennedy, dessus
Bénédicte Pereira, Marie-Hélène Trioux et Madeleine Webb, plain chant

Pierre-Adrien Charpy, orgue historique Joseph Rabiny (1787)

Scénographie lumières : Benoît Colardelle

Nicolas Bernier est incontestablement l’une des figures les plus marquantes de la musique française du début du XVIIe siècle. Il effectua comme Marc Antoine Charpentier, son prédécesseur à la Sainte-Chapelle de Paris, le voyage d’Italie. C’est à Rome qu’il aurait travaillé avec Caldara, mais ce point reste sujet à caution, le compositeur italien étant de cinq ans son cadet.

De retour en France, il fut employé successivement à Chartres, à Saint-Germain l’Auxerrois (Paris) et enfin à la Chapelle Royale de Versailles.

Les Leçons de Ténèbres de Nicolas Bernier sont au nombre de quinze : d’une part un cycle complet de neuf leçons pour voix de femme et basse continue (dont les trois premières composeront le programme de ce concert) ; d’autre part six leçons pour voix seule et basse continue, trois pour soprano et basse continue.

Ces leçons occupent une place particulière dans la production de Bernier : outre le fait qu’aucune d’entre elles ne furent publiées, elles sont l’expression d’un art typiquement français chez un compositeur volontiers italianisant.

Ce cycle de neuf leçons pour voix aiguë à toutes les chances d’avoir été destiné à un couvent de religieuses. En effet, si nous savons avec certitude que des offices très libres, où la dimension de spectacle été prédominante (des chanteuses de l’opéra venant chanter dans des couvents masculins), se déroulèrent dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, rien ne permet d’affirmer que ces pratiques continuèrent au XVIIIe siècle. Les religieuses dotées des plus belles voix chantaient les leçons, ornement de l’office, le reste de la communauté chantant les psaumes et les répons en plain-chant.

Réservation conseillée
12 € / 10 € (réduit) / 9 € (amis du festival) / 4 € (jeune public)

Forfait 3 concerts
buffet dînatoire 40 €, 30 € (réduit), 20 € (jeune public), 25 € (amis du festival)