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Week-end III Le désarroi amoureux
A la charnière des XVIe et XVIIe siècles la notion d’une musique équilibrante à l’image de l’harmonie des sphères est progressivement abandonnée au profit d’un art musical vecteur de l’expression des passions de l’âme humaine. De toutes ces passions, le sentiment amoureux est de très loin le centre de préoccupation majeur des poètes ; et comme il eut été inconvenant de se vanter d’un amour heureux, le désarroi amoureux est décliné sous toutes ses formes. Certes, l’amour n’est pas toujours éternel et l’amant(e) outragé(e) qui ne supporte pas l’humiliation de sa situation se laisse envahir par un désir de vengeance. L’aria di passacaglia Cosi mi disprezzate ? est ainsi un pur et simple avertissement nourri de cynisme. Pire encore, l’amour est parfois impossible, contrarié par la rigueur d’un père dans le poignant Lagrime mie de Strozzi ou plus généralement par un destin cruel dont les amants sont les victimes. Sances choisit quant à lui d’exprimer le désarroi par une chaconne enivrante. Si Monteverdi occupe dans ce programme
une place prépondérante, c’est que Da Pacem veut
rendre hommage à la variété et à la richesse
de son art. Il choisit le recitar cantando pour exprimer dans
le célèbre Lamento d’Ariana la supplication
d’Ariane abandonnée par Thésée ; utilise
dans Quel sguardo sdegnosetto tout l’arsenal de la rhétorique
guerrière de l’amour ; nous offre avec Si dolce è
il tormento une petite perle aussi simple qu’émouvante… | |