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Week-end I Johann Sebastian Bach (1685-1750)
« Parmi les habitués du festival on retiendra la charismatique violoniste Hélène Schmitt (…). Style habité et pugnace, sonorité épanouie et nuancée, elle enthousiasme par sa façon d’empoigner et d’illuminer les sonates. » Le Monde S’immerger dans une telle œuvre est un long voyage duquel on ne revient que profondément transformé, tout en voulant sans cesse repartir. Approcher ces pages où ne souffle que le génie force l’humilité en même temps que la joie d’en être le messager. Il est clair que la polyphonie sur le violon, avec ses quatre cordes pour tout clavier, est parfois seulement mimée, esquissée, rendue à l’imagination bien que perpétuellement invitée et même forcée de figurer. Et si le violon s’enrichit ici d’une syntaxe harmonique qui ne lui est d’ordinaire pas accordée, en tous cas pas à ce point, il n’en perd cependant pas moins sa sensuelle narration de chanteur, verve séductrice et notes de cœur, que son indéfectible allégresse héritée d’un long et souriant compagnonnage avec la danse. Bach qui connaissait aussi bien les arcanes du clavier que du violon, développa des idiomes techniques et expressifs appartenant si bien à l’un qu’à l’autre que finalement le langage s’émancipe de l’instrument et qu’un bariolage typique de l’écriture violonistique scintille aussi bien sur le clavier. D’où les innombrables transcriptions de l’un à l’autre instrument. Mais il n’empêche, éployer un arpègement sur le violon prend une signification sensitive et poétique un peu différente que sur le clavecin ; même si le sens harmonique en est inchangé, il tient davantage de la roue du paon ou du coup d’éventail que de l’égrènement étoilé du clavecin. Dans les Sei solo, Bach repousse les limites techniques
et harmoniques du violon ce qui lui confère une tension éblouissante
que l’on doit entendre. Mais il y coule aussi un sang violent et
une émotion charnelle qui en est le contrepoint rafraîchissant
et heureux. C’est ce que j’aimerais tant donner à entendre.
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