Week-end I (ouverture)
Samedi 15 juillet, 21 h
Église de Servance

Il Ballo della Ninfa
Musiche di Claudio Monteverdi e Sigismondo D’India

Concerto Soave
Maria-Cristina Kiehr soprano
Odile Edouard, Benjamin Chénier, violons
Sylvie Moquet, viole de gambe
Matthias Spaeter, archiluth


Jean-Marc Aymes
, clavecin, orgue et direction

Scénographie lumières : Benoît Colardelle

« Peut-on rêver meilleure interprète, meilleure sensibilité que la voix angélique de Maria-Cristina Kiehr ? » Vincent Dumas / Classica

Le programme du Ballo della Ninfa se situe dans le domaine de la poésie arcadienne. Il se consacre à deux des plus grands représentants de la nuova mùsica, cette monodie inventée au début du Seicento pour exprimer la richesse des sentiments humains, tous les affetti du cœur. Sigismondo d’India, qui nait en Sicile mais fait presque toute sa carrière à la cour de Savoie, prête aux nymphes et bergers son langage raffiné à mi-chemin entre l’intellectualisme florentin d’un Caccini et la sensualité vénitienne. Mais ces aventures et mésaventures amoureuses sont aussi propices à l’utilisation de rythmes recherchés, parfois issus de la musique populaire.

En effet, hormis les nombreux balletti vocaux, les rythmes de danse imprègnent une grande partie de la musique vocale du XVIIe siècle. Avec l’apport de la poésie et des décors fastueux, une synthèse chère aux artistes de l’époque est ainsi réalisée. La danse est en effet loin d’être considérée comme un art mineur, et fait partie de l’éducation de tout gentilhomme. On peut d’ailleurs se demander si le goût pour les rythmes obstinés comme les chaconnes ou les passacailles n’est pas une illustration symbolique du caractère inéluctable du temps qui passe et de la vie humaine avec son issue fatale et inéluctable, réflexion qui obsède les penseurs depuis le début de la Renaissance.

Mais Venise particulièrement se consacre presque avec frénésie à la vie et à la sensualité. L’illustre Claudio Monteverdi se livre à cette ivresse, mêlant danses endiablées ou lascives à une rare qualité d’écriture. De la simple aria, comme le fameux Si dolce è il tormento, au fastueux Balletto avec violons qui clôt le recueil des Scherzi Musicali a tre voci, le génial Claudio incarne d’une manière très directe les sentiments de ses contemporains. Passion pour la danse, rythmes enivrants, souvent issus de la musique populaire, tourments de l’amour, douce ébriété, ironie et amertume : aux merveilleuses sinfonie des violons répondent les joies et les désillusions des amants.

Réservation conseillée
15 € / 12 € (réduit) / 9 € (amis du festival) / 4 € (jeune public)