… à nos ancêtres… à nos enfants… (création, commande du festival)
pour soprano, balafon, viole de gambe, orgue et clavecin
composition librement inspirée du récit " un automne sur la colline " de Françoise Ascal

Da Pacem

récitante : Françoise Ascal
composition et orgue positif : Pierre Adrien Charpy
composition, balafon, voix, percussions : Moussa Héma
soprano : Raphaële Kennedy

basse et pardessus de viole : Marianne Muller
clavecin : Yannick Varlet
lumières : Benoît Colardelle

" L'ancien et le nouveau doivent fusionner, pour que rien jamais ne soit rompu. " Françoise Ascal

" La Chapelle de Ronchamp est un lieu où les contraires s'affrontent avec tellement de force que l'on y ressent d'emblée, au plus profond de soi, ce qui est au-delà de ces oppositions : la conscience ultime qui englobe la vie et la mort, la haine et l'amour, le laid et le beau, la force et la faiblesse.

Ecrire pour ce lieu, implique de rechercher l'essence du sacré, au-delà des religions, au-delà des mots, au cœur de l'instant, au cœur du souffle qui anime. " Pierre Adrien Charpy

A partir du récit de Françoise Ascal, Pierre Adrien Charpy, organiste et compositeur, Da Pacem, ensemble de musique baroque et Moussa Héma, balafoniste du Burkina Faso ont choisi de croiser leurs chemins et de confronter leur imaginaire musical à l'œuvre magistrale de l'architecte poète Le Corbusier.

Ce projet a pour ambition de confronter, puis d'associer, dans une œuvre originale, deux univers musicaux très différents. De la mémoire des ancêtres de la musique mandingue, du souvenir de la musique de nos cours versaillaises, Pierre Adrien Charpy et Moussa Héma proposent aujourd'hui, la construction d'une œuvre commune.

Il ne s'agit pas là d'une (nouvelle) tentative d'assimilation ou de fusion, mais d'une mise en valeur réciproque de cultures, approches et expressions qui ne prendront leurs sens ici que par leurs différences et leurs reconnaissances mutuelles.

Création le samedi 17 juillet 2004 / Chapelle Notre-Dame du Haut de Ronchamp

" Un automne sur la colline ", Françoise Ascal
(éditions Apogée, Rennes, 2003)

A travers une vingtaine de lettres, le temps d'une saison, une femme s'adresse à un jeune soldat " tirailleur sénégalais " mort en septembre 1944 lors d'un assaut décisif pour libérer la colline de Ronchamp.

Cette colline, lieu privilégié de l'enfance de la narratrice, est devint soudain célèbre en 1955, lorsque Le Corbusier fut appelé à y reconstruire la chapelle Notre-Dame du Haut, détruite par les bombardements.

Au fil des lettres, mémoire intime et mémoire collective se mêlent pour interroger l'aujourd'hui. Des correspondances s'établissent entre la narratrice, le soldat, Le Corbusier et sa chapelle, la colline et son passé. Méditation sur le temps, sur la mort, sur le mal, entre détresse et espérance, " Un automne sur la colline " tente de rendre hommage à ce qui, en dépit de l'obscur, résiste et luit en chacun de nous.

Pierre Adrien Charpy, organiste, compositeur

Né en 1972, Pierre Adrien Charpy a d'abord étudié l'orgue au CNR de Marseille, puis auprès d'André Isoir au CNR de Boulogne Billancourt, où il reçoit en 1994 un premier prix d'interprétation. Au CNSM de Paris, il obtient un premier prix de contrepoint Renaissance (classe d'Olivier Trachier) et en premier prix de fugue et formes (classe de Thierry Escaich). Titulaire du Certificat d'aptitude d'écriture musicale, il enseigne au CNR de Marseille.

Son activité de compositeur a été récompensée par les prix Jousselin Korewo (1999) et André Caplet (2001) de l'Institut de France.
Parallèlement à ses activités pédagogiques et de compositeur, il mène une importante activité de soliste et de continuiste avec les meilleurs ensembles spécialisés de musique ancienne.
Il a également fondé l'ensemble de musique ancienne Da Pacem avec la soprano Raphaële Kennedy, avec lequel il se produit dans les plus grands festivals.

Moussa Héma, percussionniste, balafoniste

Né en 1972 à Banfora, au Burkina Faso, Moussa Héma fait ses débuts de percussionniste-balafoniste à l'âge de cinq ans auprès de son père Kaba Héma. Parallèlement , il reçoit l'enseignement du maître Madahaï. Très vite il acquiert une maîtrise et une grande dextérité qui le font côtoyer les grands musiciens traditionnels du Burkina.

Il créé ainsi son propre groupe " Kabakô " avec lequel il sera sollicité pour des fêtes et animations dans tout le pays.

En 1992, Moussa prend la décision de consacrer quelques années de sa vie à une recherche musicale auprès des plus vieux et des plus grands maîtres du pays. Il rencontrera ainsi le Vieux Khalifa, Diabaté, Daouda Diabaté de Péni, puis Ali Keïta avec qui il vivra l'aventure des animations traditionnelles de baptême, mariages, en Côte d'Ivoire et au Burkina Faso.

En 1998, Moussa est sélectionné par le chorégraphe Irène Tassembedo et devient balafoniste leader du Ballet National du Burkina Faso. En 1999, il rejoint Irène Tassembedo à Paris pour devenir musicien attitré de La Compagnie Ebène.

crédit photo chapelle : AONDH / Marc Paygnard